Géothermie

Géothermie verticale ou horizontale : laquelle pour un terrain landais sablonneux ?

Marc Etcheverry

Capteurs horizontaux sous le jardin ou sondes verticales forées à 100 mètres : prix posés dans les Landes, surface nécessaire, effet du sable, de la nappe et de l'alios, réglementation et cas où la géothermie ne convient pas.

Tranchée de capteurs géothermiques horizontaux dans un terrain sableux des Landes

Sur un terrain landais, la question revient à chaque projet de géothermie : faut-il dérouler des capteurs horizontaux sous le jardin, ou forer des sondes verticales ? Le sable change la donne par rapport aux sols argileux ou rocheux d'autres régions, dans un sens parfois favorable, parfois non.

Ce guide compare les deux techniques sur ce sol précis : ce qu'elles coûtent, la surface qu'elles demandent, ce que le sable et la nappe changent, et les cas où ni l'une ni l'autre n'a de sens.

Quelle est la différence entre géothermie verticale et horizontale ?

Les deux systèmes alimentent la même pompe à chaleur sol/eau dans la maison. Seul le capteur change : des boucles de tube posées à faible profondeur sur une grande surface pour l'horizontal, une ou plusieurs sondes descendues à 70 ou 100 mètres dans un forage étroit pour le vertical.

Le capteur horizontal récupère surtout la chaleur que le soleil et la pluie apportent à la couche superficielle du sol. Il se recharge chaque été et travaille entre 0 et 12 °C selon la saison.

La sonde verticale puise une chaleur plus profonde, stable autour de 13 à 15 °C toute l'année dans le Sud-Ouest. Elle donne un rendement un peu meilleur en plein hiver, et ne dépend presque pas de la météo.

Combien coûte chaque solution dans les Landes ?

Relevés en septembre 2026 dans les Landes, les prix posés d'une géothermie pour une maison de 100 à 150 m² vont de 16 000 à 24 000 € sur capteurs horizontaux, et de 22 000 à 32 000 € sur sondes verticales, avant aides. L'écart tient au forage, facturé au mètre.

CritèreCapteurs horizontauxSondes verticales
Prix posé constaté, maison de 100 à 150 m²16 000 à 24 000 €22 000 à 32 000 €
Profondeur0,60 à 1,20 m70 à 100 m par sonde
Surface de terrain nécessaire1,5 à 2 fois la surface chaufféequelques m² accessibles à une foreuse
Rendement saisonnier (SCOP)3,8 à 4,54,2 à 5
Réglementationurbanisme seulementdéclaration de géothermie de minime importance
Durée du chantier de captage1 à 2 jours de terrassement1 à 2 jours de forage

Le forage vertical se paie souvent 60 à 90 € le mètre, sonde et remplissage compris. Une maison bien isolée de 120 m² demande en général 150 à 200 mètres de sondes au total, répartis en deux forages.

Le terrassement horizontal coûte 3 000 à 6 000 € selon la surface et l'accès. Dans le sable landais, qui se creuse sans effort, il reste dans le bas de cette fourchette, sauf mauvaise surprise sous la pelle.

Le sable landais est-il favorable à la géothermie ?

Oui quand il est humide, beaucoup moins quand il est sec. Le sable sec est un isolant, il conduit mal la chaleur ; le même sable gorgé d'eau devient au contraire un bon conducteur. Dans les Landes, la nappe proche de la surface rend souvent le sous-sol humide toute l'année, ce qui avantage les deux techniques.

Pour un capteur horizontal, tout se joue dans le premier mètre. Un sable qui reste frais et humide à 1 mètre, ce qui est le cas dans beaucoup de terrains plats de l'intérieur, donne un capteur efficace. Un sable de dune sec et drainant, comme on en trouve près de la côte, demande une surface de capteur nettement plus grande.

Pour une sonde verticale, le sable n'est qu'une partie du parcours. Sous la couverture sableuse, les forages traversent des couches gorgées d'eau qui conduisent bien la chaleur. C'est l'une des raisons pour lesquelles la géothermie verticale fonctionne bien dans le bassin aquitain.

Tête de sonde géothermique verticale sortant d'un sol sableux
La tête d'une sonde verticale : deux tubes reliés en U au fond du forage, raccordés ensuite à la pompe à chaleur.

Que change la couche d'alios ?

L'alios est une couche de sable cimenté par le fer et la matière organique, dure comme un grès tendre, que l'on trouve souvent entre 40 cm et 1,50 m sous la surface des landes. Elle bloque l'eau et les racines, et elle gêne aussi la pelle mécanique.

Pour des capteurs horizontaux, l'alios peut renchérir le terrassement de 1 000 à 2 000 € s'il faut le briser sur toute la surface. Il change aussi la circulation de l'eau autour des tubes. Un sondage à la tarière ou à la pelle, avant le devis, évite de découvrir le problème le jour du chantier.

Pour une sonde verticale, l'alios ne pose aucune difficulté : la foreuse le traverse en quelques minutes.

Quelle surface de terrain faut-il pour des capteurs horizontaux ?

Comptez une surface libre égale à 1,5 à 2 fois la surface chauffée de la maison dans un sable humide, et jusqu'à 2,5 fois dans un sable sec. Pour une maison de 120 m², il faut donc 180 à 300 m² de jardin dégagé, sans construction, sans piscine et sans arbre à moins de deux mètres des tubes.

Cette surface ne se perd pas : on peut y garder une pelouse, un potager ou une allée. On ne peut en revanche ni y planter de grands arbres, ni y construire plus tard un abri de jardin sur fondations, ni y creuser une piscine.

Dans un terrain landais boisé, les pins maritimes posent un problème particulier. Leurs racines descendent profondément et recherchent l'humidité autour des tubes. Il faut les tenir à distance du réseau, ce qui réduit vite la surface utile d'une parcelle arborée.

Quelles démarches pour un forage vertical ?

Un forage de géothermie de moins de 200 mètres relève du régime de la géothermie de minime importance. Il se déclare en ligne avant le début des travaux, et le foreur doit être qualifié, par exemple RGE QualiForage. Sans cette qualification, les aides ne sont pas accordées.

La carte réglementaire publiée par le BRGM sur geothermies.fr classe chaque parcelle selon les risques du sous-sol. En zone verte, la déclaration suffit. En zone orange, l'avis d'un expert agréé est exigé avant de forer. En zone rouge, le régime simplifié ne s'applique plus et le projet demande une autorisation complète.

Avant de demander un devis de forage. Consultez la carte réglementaire sur geothermies.fr en saisissant votre adresse : elle indique si votre parcelle est en zone verte, orange ou rouge. Notez aussi l'accès au jardin, car une foreuse sur chenilles demande un passage d'environ 2,50 m de large et un sol portant.

Pour des capteurs horizontaux, faites creuser un trou d'un mètre à un endroit représentatif du terrain. Regardez si le sable est sec ou humide, et si vous rencontrez une couche brune et dure : c'est l'alios.

Quel rendement attendre de chaque technique ?

Une pompe à chaleur sur sondes verticales atteint en général un SCOP de 4,2 à 5 dans les Landes, contre 3,8 à 4,5 sur capteurs horizontaux bien dimensionnés. L'écart est réel mais modeste, de l'ordre de 10 %, et pèse moins que la qualité du dimensionnement.

Face à une pompe à chaleur air/eau, qui tourne autour de 3 à 3,8 dans le même climat, la géothermie garde un avantage net, surtout les matins froids. Dans une maison de 130 m² qui consommait 2 000 litres de fioul par an, l'écart de consommation électrique entre une air/eau et une géothermie verticale représente souvent 150 à 300 € par an.

Le capteur horizontal a un défaut à connaître : s'il est sous-dimensionné, il refroidit le sol au fil de l'hiver, et le rendement baisse en février. Un sable sec aggrave ce risque. La sonde verticale, bien calculée, ne connaît pas ce phénomène.

Comment choisir entre horizontal et vertical ?

Le choix dépend d'abord du terrain, ensuite du budget. Le tableau ci-dessous résume les situations les plus fréquentes dans les Landes.

SituationSolution la plus logique
Grand terrain plat et dégagé, sable humide, budget serrécapteurs horizontaux
Terrain de moins de 500 m², ou très arborésondes verticales
Sable de dune sec, proche de la côtesondes verticales, ou air/eau
Couche d'alios épaisse sur tout le terrainsondes verticales
Parcelle en zone rouge sur la carte réglementairecapteurs horizontaux, ou air/eau
Maison neuve, plancher chauffant, besoin de rafraîchir l'étésondes verticales, en rafraîchissement passif

Les sondes verticales permettent aussi un rafraîchissement doux en été, dit géocooling : l'eau du plancher passe par les sondes et revient fraîche, presque sans consommation. C'est un vrai plus dans l'intérieur des Landes, où les étés sont chauds. Les capteurs horizontaux, trop proches de la surface, ne le permettent guère.

Dans quels cas la géothermie n'est-elle pas la bonne solution ?

Quelle que soit la technique, il y a des maisons pour lesquelles la géothermie est un mauvais calcul. Mieux vaut le savoir avant de payer une étude de sol.

  • Une petite maison récente et bien isolée. Avec un besoin de chauffage faible, l'économie annuelle face à une air/eau ne rembourse pas le surcoût du captage avant vingt ou trente ans.
  • Une résidence secondaire de la côte. Une maison chauffée quelques semaines par an n'amortit jamais un forage.
  • Une maison chauffée par convecteurs électriques. Sans réseau de radiateurs ou de plancher, il faudrait créer tout le circuit d'eau chaude, ce qui double le budget.
  • Un terrain sans accès pour une foreuse et trop petit pour des capteurs. Certaines parcelles de lotissement serré ne permettent ni l'un ni l'autre.
  • Un départ prévu dans les cinq ans. La géothermie se rentabilise sur quinze à vingt ans ; elle valorise le DPE, rarement à hauteur de son coût.

Dans ces cas, une pompe à chaleur air/eau bien dimensionnée, éventuellement précédée d'une isolation des combles, fait le travail pour bien moins cher.

Que doit contenir un bon devis de géothermie ?

Un devis sérieux détaille la pompe à chaleur et le captage comme deux lots distincts. Pour la machine : marque, modèle, puissance, SCOP annoncé, ballon d'eau chaude et mise en service. Pour le captage : technique choisie, surface et longueur de tubes pour l'horizontal, nombre et profondeur des sondes pour le vertical.

Il doit aussi mentionner le calcul des déperditions de la maison, l'étude ou le sondage de sol, le nom et la qualification du foreur, la déclaration réglementaire, la remise en état du jardin et la garantie. Méfiez-vous d'un devis qui annonce une longueur de sonde ronde sans calcul : c'est le poste où une erreur coûte le plus cher.

Les aides à la géothermie sont parmi les plus élevées, mais elles se demandent toutes avant la signature du devis. Le détail est sur notre page aides et primes, et les prix de référence sur notre guide de la géothermie dans les Landes. Pour faire chiffrer votre terrain, vous pouvez demander des devis à des installateurs du secteur.

Questions fréquentes

Peut-on faire de la géothermie horizontale sur un petit terrain ?

Rarement. Il faut une surface libre d'une fois et demie à deux fois et demie la surface chauffée, sans arbre ni construction. Sur une parcelle de lotissement, les sondes verticales ou une pompe à chaleur air/eau sont plus réalistes.

Le forage d'une sonde verticale peut-il polluer la nappe ?

Le risque existe si le forage est mal fait, d'où la qualification exigée du foreur et la carte réglementaire. Une sonde correctement cimentée isole les couches d'eau entre elles. Le fluide qui circule dans les tubes est un mélange d'eau et d'antigel de qualité alimentaire.

Combien de temps durent les capteurs enterrés ?

Les tubes en polyéthylène des capteurs horizontaux comme des sondes verticales sont prévus pour plus de cinquante ans. C'est la pompe à chaleur, dans la maison, qui se remplace au bout de vingt ans environ, sans toucher au captage.

Peut-on rafraîchir la maison l'été avec une géothermie ?

Oui avec des sondes verticales et un plancher chauffant : c'est le géocooling, qui fait circuler l'eau fraîche du sous-sol presque sans consommation. Avec des capteurs horizontaux, trop proches de la surface, l'effet reste faible.

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Rédigé par

Marc Etcheverry

Ancien technicien foreur devenu conducteur de travaux en géothermie, Marc Etcheverry a passé vingt ans sur des chantiers du Sud-Ouest, du sondage de terrain dans le sable landais à la mise en service des pompes à chaleur. Il relit les devis que les lecteurs lui envoient et traduit les notes de dimensionnement en français courant.